Vol. 2, núm. 3 - Agosto 2003     Revista Internacional On-line / An International On-line Journal  
 


VERS UNE TYPOLOGIE DES ACTIVITES GROUPALES ? (pág. 2)


S.Ehrensperger, D. Goerg, A. Fredenrich-Mühlebach, J. Guimón

 
 

Orientations théoriques

Interrogés sur leur orientation théorique principale comme thérapeutes de groupe, 42% d'entre eux privilégient l'orientation psychodynamique. Viennent ensuite les orientations systémique et cognitivo-comportementale, choisie chacune par environ un tiers des sujets. Les orientations pédagogique et humaniste (dans laquelle nous avons regroupé l'analyse transactionnelle, la Gestalt, Rogers, la bioénergie, par exemple) ne sont défendues que par environ un sujet sur six chacune. La catégorie "autre", hétérogène (neuropsychologie, ethnopsychiatrie, logopédie, etc.) est très minoritaire. Il est intéressant d'observer que, si la question portait sur l'orientation théorique principale des thérapeutes, près de quatre sur dix d'entre eux (38.2%) ne se sont pas limités à une seule orientation mais en ont indiqué plusieurs, manifestant ainsi un éclectisme évident.

2. ans les groupes qu'ils animent, les psychiatres s'occupent davantage d'adultes (90.8% / 77.8% **) tandis que les psychologues interviennent plus souvent auprès d'adolescents (19.4% / 10.0% *) et surtout d'enfants (21.2% / 2.5% ***). La durée des groupes conduits par des psychiatres est souvent plus longue que celle des groupes animés par des psychologues (durée longue: 49.1% / 37.0% *). Les diagnostics représentés dans les groupes que mènent les uns et les autres sont cependant semblables. Plus de 40% des groupes animés par des psychiatres ou des psychologues se déroulent dans les services psychiatriques. Les psychiatres mènent plus souvent des groupes en cabinet privé (39.3% / 28.1% *) ou dans les hôpitaux généraux (15.4% / 6.5% **). Les psychologues le font plus fréquemment dans des lieux non médicaux, tels que services éducatifs ou sociaux (17.8% / 3.4% ***).

Dans leurs orientations théoriques générales, les psychiatres apparaissent avec un profil psychodynamique plus marqué que les psychologues (53.1% / 39.1% *). Ils sont dans l'ensemble peu éclectiques: moins de 25% d'entre eux mentionnent plusieurs orientations théoriques pour plus de 40% des psychologues (23.9% / 42.7% ***). Les psychologues, qui tendent à mentionner plus fréquemment que les psychiatres toutes les orientations autres que psychodynamique, se définissent surtout comme plus systémiques (37.5% / 23.0%**) et/ou plus humanistes (17.6% / 4.4%***).

Caractéristiques des groupes

Les groupes sont presque toujours petits (90%), composés d'adultes (81%), plus rarement d'enfants (17%) ou d'adolescents (17%) et exceptionnellement de personnes âgées (7%). Parmi les diagnostics les plus fréquemment mentionnés se trouvent ceux de troubles dépressifs (35%), anxieux (33%) ou de la personnalité (33%), suivis des troubles alimentaires et des problèmes liés à l'abus de substances (21% chacun). Un groupe peut évidemment comprendre des patients d'âge différents et/ ou de diagnostics divers. Dans trois cas sur dix ces groupes s'adressent à des parents ou des familles. Les activités de groupe se déroulent principalement dans les institutions psychiatriques (46%): hôpitaux (18%), services ambulatoires (24%) et hôpitaux de jour (4%). Trois groupes sur dix ont lieu en cabinet privé. D'autres cadres, tels les hôpitaux généraux (9%) ou des services sociaux ou éducatifs (14%), apparaissent moins fréquemment.

DISCUSSION

Cette enquête descriptive permet, malgré des résultats partiels, de tirer quelques conclusions intéressantes concernant les thérapeutes pratiquant des thérapies de groupe et les groupes pratiqués.

Il paraît difficile de mettre en évidence une typologie exhaustive des différentes thérapies de groupe utilisées en Espagne et en Suisse puisque de nombreux groupes comprennent des participants aux diagnostics différents, d'âges parfois divers, et ils sont fréquement menés selon plusieurs orientations théoriques. On peut différencier un groupe, défini par un des critères retenus (taille, durée, lieu, âge des participants, diagnostics, orientations théoriques), de l'ensemble des autres groupes ne présentant pas cette modalité du critère. Seraient ainsi présentés les traits typiques. Par exemple, si l'on prend en considération la durée du groupe, on indiquera les traits typiques qui différencient les groupes de durée brève des groupes de durée longue.Un type de groupe, fondé sur un ou deux critères, est ainsi comparé à l'ensemble des groupes qui ne présentent pas cette caractéristique. Dans les chapitres respectives, le 1er chiffre entre parenthèses indiquera pour chaque trait typique le pourcentage pour le groupe concerné, le 2ème le pourcentage pour l'ensemble des groupes ne présentant pas cette modalité. Le test du c2 a été utilisé. La significativité est indiquée ainsi : * p< .05 / ** p< .01 / *** p< .001.

Travail groupale et psychothérapie groupale

La distinction faite par Foulkes entre travail groupal et psychothérapie groupale de s'est retrouvée dans les deux enquètes. Le travail groupal est très directement lié à l'hôpital et aux patients en crise. Les médiateurs utilisés pour ces groupes ainsi que leurs théories sous-jacentes sont très différents et variés ( ex. musique, art, psycho-motricité etc.). La majorité des groupes à l'hôpital psychiatrique et dans les structures intermédiaires se font à l'aide de médiateurs. Ils permettent aux patients de se relier à la réalité extérieure et de structurer leurs journées. Il s'agit bien de travail groupal.

Dans les structures intermédiaires apparaissent déjà des groupes de psychothérapie, dont les théories sous-jacentes sont analytique, systémique et cognitive. C'est ce type de groupe que l'on trouve plus fréquemment dans les services ambulatoires et, en tout cas, dans la pratique privée.

La profession des thérapeutes

Les enquêtes révélaient, tant en Espagne qu'en Suisse trois types de thérapeutes : psychiatres, psychologues et autres (médecins généralistes, travailleurs sociaux etc.). Les thérapeutes travaillent dans des secteurs de soins différents selon leur âge. Quand ils sont jeunes, leur pratique a souvent lieu dans le secteur public, en vieillissant elle se déplace dans le secteur privé ou dans une combinaison public-privé. Les thérapeutes consacrent en général moins de 30 % de leur temps de travail à des activités de groupe.

Le modèle théorique

La grande majorité des thérapeutes espagnols font référence à un modèle théorique psychodynamique. La théorie systémique vient en second et les orientations cognitivo-comportementales ne sont que peu représentées. En Suisse il existe, parmi ceux qui ont des activités de groupe, une plus grande diversité des références théoriques et une orientation psychodynamique moins prononcée que ce que l'on observe en Espagne. Si 42% des thérapeutes suisses mentionnent une référence psychodynamique, pour 69% en Espagne, ils sont plus nombreux à indiquer des orientations systémique (34% pour 25%) et surtout cognitivo-comportementale (31% pour 6%). Un choix plus éclectique apparaît ainsi en Suisse puisque quatre thérapeutes sur dix se réfèrent à plusieurs orientations théoriques, pour seulement deux thérapeutes sur dix en Espagne. Comme les thérapeutes suisses sont légèrement plus jeunes que les Espagnols mais que le recrutement pour les deux enquêtes n'est pas le même, la question du poids de traditions théoriques différentes ou d'une évolution de la pensée en matière de thérapie de groupe reste ouverte.

Les caractéristiques des groupes

Les caractéristiques du groupe le plus fréquemment représenté sont les suivantes : il s'agit de groupes d'adultes, leur taille est petite et leur durée longue. Ils peuvent se dérouler dans des services ambulatoires, des structures intermédiaires ou en privé. Comme ces groupes sont liés de façon prédominante à la théorie psychodynamique, nous retrouvons ainsi la définition de la littérature pour les groupes psychodynamiques " slow open ". Ces groupes sont un peu plus souvent que les autres conduits par des psychiatres.

En ce qui concerne les thérapies de famille, il s'agit, selon les enquêtes, de groupes petits, de durée inférieure à 30 séances ayant lieu en ambulatoire et dans des structures intermédiaires. La théorie sous-jacente est la systémique seulement dans un tiers de cas et ils sont conduits davantage par des psychologues.

Enfin les grands groupes, beaucoup moins fréquents et composés d'adultes, se trouvent surtout dans les structures intermédiaires.

Age des participants

l'on compare les groupes comprenant des patients d'une certaine catégorie d'âge aux groupes qui ne comprennent pas de patients de cet âge on observe que lles groupes comprenant des enfants , sont très peu fréquents et nous ne les décrirons don pas dans ce texte.
Les groupes comprenant des adolescents sont surtout de groupes de durée brève (78.2/55.6%***), conduits dans une orientation systémique (60.0/ 28.5%***), tandis que l'orientation cognitivo-comportementale est peu présente (23.5/ 37.8%*). Menés fréquemment par des psychologues (87.1/ 75.1%*), ils se tiennent souvent dans des lieux tels qu'institutions sociales, services éducatifs, etc. (25.9/ 10.1%***). Le diagnostic de troubles alimentaires est surreprésenté (35.3/ 19.4%**).Nous parlerons de certains de ces grouopes dans les chapitres.
Les groupes comprenant des personnes âgées se déroulent souvent en hôpital psychiatrique (39.5/ 15.9%***) et très peu en cabinet privé (13.2/ 30.5%*), fonctionnent souvent selon une référence cognitivo-comportementale (52.6/ 33./%*) et pour des patients déprimés (55.3/ 37.0%*). Quelques exeples seront donnés dans differents chapitres de cet ouvrage.

La grande majorité des groupes concernaient des patients adultes : s'agit de groupes à durée brève (63.0/ 47.3%**), se déroulant souvent en cabinet privé (33.3/ 12.5%***) et moins dans des services ambulatoires (19.2/ 42.7%***) ou des institutions non médicales (11.2/ 19.8%*). L'orientation cognitivo-comportementale est surreprésentée (40.0/ 16.7%***), tandis que l'orientation psychodynamique, bien que très présente, est plutôt sousreprésentée (41.6/ 66.7%***). Les patients ont souvent des diagnostics de dépression (41.9/ 25.0%**), troubles alimentaires (24.5/ 13.5%*) ou abus de substances (26.9/ 3.1%***). Ce sont souvent des psychiatres (25.9/ 10.4%**) qui mènent ces groupes, plus fréquents en Suisse allemande (67.7/ 53.1%*). Laplupart des descriptions de ce livre concerne des grouopes de ce type d'age .

REFERENCES

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