PALABRAS
CLAVE:
Retraso
mental, terapia grupal
KEY
WORDS
Mentally
retarded, group therapy
Toute
approche thérapeutiques n'a pas de cohérence si
elle reste dans le domaine du monde des idées ou, autrement
dit, des vux pieux. La faisabilité des soins est
donc aussi déterminée par la viabilité
économique des dispositifs qui les contiennent. Nous
avons à faire à une société qui
se soucie sur le plan théorique et pratique de donner
des soins de qualité à ses citoyens, mais cette
attitude serait vide de sens si les administrations ne considéraient
pas l'aspect pratique des soins à donner : aspect d'application
et de coût (Galli Carminati, 2000).
Les
évaluations diagnostiques pour la personne avec disabilité
intellectuelle et troubles psychiques sont confrontées
à un obstacle intrinsèque, car le psychiatre utilise
le langage comme outil premier et fondamental et la personne
avec disabilité intellectuelle a une capacité
de langage réduite ou absente. Cette difficulté
change profondément les points de repère et la
technique psychiatrique et nécessite une préparation
spécifique du psychiatre pour lui permettre de faire
un diagnostic et de l'appliquer aux soins (Galli Carminati 2003).
De
plus, la population avec troubles psychiques et disabilité
intellectuelle nécessite une gamme très large
de types d'interventions thérapeutiques, selon les différents
degrés de disabilité intellectuelle et les différentes
pathologies. Il s'agit une population très hétérogène
et variée, pour laquelle sont nécessaires des
approches différentes et adaptées (Galli Carminati
1998, Schopler 1985).
Bien
que ce type de considération théorique aboutisse
au constat que la personne avec retard mental et troubles psychiques
a besoin d'outils diagnostiques et de soins adaptés,
il n'est pas évident de dépasser l'obstacle d'un
coût de la santé élevé pour cette
population. Nous rappellerons ici que très souvent la
population avec retard mental et troubles psychiques présente
aussi une poly-pathologie somatique importante en gravité
et en variété (troubles neurologiques, épilepsie,
troubles métaboliques, endocriniens, maladies génétiques).
Cette constatation qui peut être ressentie comme anodine,
voire banale, est pourtant d'une grande importance et a des
répercussions majeures dans l'organisation des soins
pour la personne avec retard mental. Sur le plan théorique,
la prise en soins et les thérapies individuelles sont
complémentaires aux thérapies groupales, en étant
l'une la préparation de l'autre et réciproquement
(Ass. Am. sur le retard mental 1992).
Les soins psychiatriques pour la personne avec disabilité
intellectuelle présentent des différences importantes
par rapport à celles pour la population générale.
Sur le plan de la viabilité économiques directement
liée au fonctionnements des soins, il est très
intéressant de souligner que le groupe, comme nous l'avons
dit, représente un moyen satisfaisant d'utilisation des
soignants, bien qu'il ne puisse pas complètement couvrir
l'ensemble des besoins thérapeutiques. Il reste néanmoins
un outil d'une magnifique flexibilité, qui s'adapte bien
aux besoins de crise et aux besoins à plus long terme
(Yalom 1993, Kaës 1993).
Dans
le groupe, le rapport numérique entre soignants et soignés
varie entre 1/2 et 1/3, un rapport plus bas, en tenant compte
aussi des éventuelles absences imprévues des soignants,
pourrait déstabiliser le groupe, du fait que la présence
contenante est indispensable pour assurer un cadre détendu
et efficace sur le plan thérapeutique. Au fur et à
mesure que notre expérience s'épaissit, nous arrivons
à mieux distinguer les différences dans les besoins
de nos patients et à faire des distinctions entre différentes
sub-populations (Galli Carminati, en publication). Le ratio
soignants/soignés, qui est très intéressant
dans la large majorité des thérapies groupales,
remonte a 1/1 quand il s'agit de la population avec le niveau
cognitive le plus bas, surtout quand il y a un trouble de développement.
Dans ce type de situation nous travaillons plutôt avec
une prise en soins individuelle, en groupe. Si cela ne répond
pas aux exigences administratives du ratio soignants/soignés,
la mise en situation groupale a au moins le mérite de
préparer, le plus rapidement possible, compte tenu des
capacités des patients, à une réinsertion
dans le milieu socio-éducatif viable, ce qui représente
en soi un avantage en termes économiques et probablement
de qualité de vie (Campo et al. 1997, Persson 2000, Schalock
1990).
Si
parfois le patient a besoin de bénéficier d'une
thérapie individuelle avant de pouvoir accepter une thérapie
groupale, d'autres fois l'approche groupale, avec un échange
entre pairs, est ressentie comme moins intrusive que l'approche
duale et peut stimuler et préparer une prise en soins
individuelle. Il y a par contre des patients pour lesquels le
lien avec le soignant ne peut avoir lieu que dans la situation
duale, de proximité physique, car son niveau de développement
ne lui permet pas plus que ceci.
L'autre
point en faveur d'une approche groupale est la situation groupale
en soi, qui permet de telle donc à reproduire la situation
de vie habituelle pour la population avec disabilité
intellectuelle qui souvent, tôt ou tard, va se trouver
confrontée avec un groupe. La réalité institutionnelle
est fortement établie autour d'un groupe, en résidence,
en atelier, à la cafétéria, dans les loisirs,
et ceci plus pour la population avec disabilité intellectuelle
que pour la population générale.
Si
l'approche strictement individuelle a l'avantage de créer
un lien privilégié entre thérapeute et
soigné, ce qui est indispensable dans certains moments
de la thérapie, cette approche n'aide pas le patient
à s'habituer psychiquement à la réalité
quotidienne où il est immergé dans son monde quotidien.
Même la présence de troubles du développement,
largement représentés dans la population avec
disabilité intellectuelle, et qui ont freiné pendant
longtemps l'utilisation des thérapies groupales dans
toute cette population, n'empêche pas de faire travailler
en groupe les patients, car le groupe a en soi la possibilité
de donner ce qui est utile selon le besoin, et chacun peut en
tirer ce qui lui sert, à un moment donné.
Le
travail groupal présente donc l'avantage net de travailler
dans une situation " de vie " et d'élaborer
des alternatives de gestion de la réalité à
laquelle le patient est appelé à se confronter
au quotidien.
Nous tenons à souligner que la gestion de la réalité
n'a rien de réducteur ou simpliste : la gestion vient
d'une possibilité à analyser différemment
la situation et à trouver un autre mode de pensée
et d'action. Ce processus nécessite , dans notre population
un travail en finesse de la part des soignants qui doivent zigzaguer
entre blessures narcissiques, difficulté cognitive, limitation
dans la communication et souffrance morale, et leur propre sentiment
de limitation, le tout en évitant de donner l'impression
de soigner ou simplement de mettre à l'épreuve
- les deux dernières situations étant très
mal vécues sur le plan de l'estime de soi des patients.
Il nous semble aussi important de souligner qu'à la différence
de ce que nous-mêmes avions pensé, la situation
groupale est, dans la largissime majorité des cas, une
approche thérapeutique de première intervention,
très contenante, hautement réorganisante, tout
en permettant des moments de régression plus aisément
pilotés qu'en thérapie individuelle. La possibilité
de s'appuyer à une gamme de thérapies groupales
aussi large, permet de moduler la prise en soins selon des besoins
très individuels, et ceci est une force énorme
de l'outil groupal (Balint 2000, Anzieu 1976).
Nous avons pu apprécier, dans notre pratique clinique,
la présence d'une dynamique typiquement groupale, c'est-à-dire
d'un mécanisme psychodynamique sous-jacent dans tous
nos groupes, ainsi que dans les groupes de type plus éducatif
et comportemental. De ce point de vue les travaux de Neri nous
ont beaucoup aidés à comprendre le concept de
matrice groupale et son application dans la pratique clinique
(Neri 1993, Neri 1997).
Il est néanmoins évident que le groupe n'est pas
une sorte de baguette magique tout-terrain et tout-venant dans
laquelle n'importe quel patient va trouver son compte d'emblée.
La problématique, présente pour établir
un diagnostic, est aussi présente quant aux choix et
à la mise en place d'outils thérapeutiques car
le niveau verbal et cognitif très différencié
demande une différenciation analogue d'outils thérapeutiques.
Nous avons dû admettre qu'une formation personnelle solide
et une bonne connaissance, plus une expérience personnelle
des mouvements psycho-dynamiques groupaux, sont indispensables
aux soignants pour travailler la matière groupale des
patients, peu ou pas verbaux, pour lesquels le non-verbal est
en première ligne. Il y donc à prévoir,
quand on parle d'approche groupale dans notre population spécifique,
un investissement en formations et en supervisions qui ne peut
pas se limiter à la formation sur le terrain et aux discussions
cliniques autour des situations des patients. L'approche thérapeutique
groupale doit prendre spécialement en compte, et la mise
à l'aise des thérapeutes, et la mise à
l'aise des patients pour fonctionner. En d'autres mots, il faut
que les soignants puissent se considérer en tant que
personnes eux-mêmes et qu'ils puissent se donner un espace
de réflexion personnelle pour avoir une "assise"
suffisamment confortable. Une population exigeante comme celle
avec disabilité intellectuelle et troubles psychiques,
où la verbalisation est limitée, met le personnel
soignant en danger d'épuisement au moins autant que la
population psychique classique, et probablement plus que la
population avec disabilité intellectuelle sans troubles
psychiatriques.
Au-delà
de cette considération à propos de l'équipe
soignante, la viabilité de l'approche groupale dans notre
population doit tenir en compte d'une part de la structure de
soins où elle fonctionne, mais aussi des besoins spécifiques
de la population la moins verbale, souvent présentant
des troubles du développement.
Il est donc nécessaire que la structure de soins puisse
accueillir les structure groupales et que dans ces structures
les thérapeutes se sentent à l'aise. Sans cela
l'outil n'est pas viable pour les patients non plus.
Les
dispositifs de soins dans lesquels l'approche groupale prend
place sont pour notre Service : les unités hospitalières,
avec 18 lits, la consultation qui suit environs 300 patients
et l'hôpital de jour, qui accueille une trentaine de patient
dont le trois quart viennent de l'extérieur et un quart
des unités hospitalières. L'équipe mobile,
qui est un dispositif essentiellement d'intervention de crise
et de soutien aux sorties de l'hôpital, travaille surtout
sur le terrain et n'a pas des groupes propres.
L'attention
aux structures contenant les groupes est d'une grande importance
pour notre population car les patients avec disabilité
intellectuelle dépendent très fortement et directement
de leur entourage, dans un sens général, et de
l'environnement thérapeutique en particulier.
Le
fonctionnement des différents dispositifs mérite
quelques explications, de manière à ce que le
lecteur puisse se figurer leurs interactions.
Par exemple, prenons le cas d'un patient déjà
connu dans notre Service et pour lequel l'entourage, la famille
ou l'Institution ou lui-même fasse appel à nous.
Le premier contact est dévié sur l'équipe
mobile qui a la fonction de comprendre à quel niveau
nous devons nous positionner. Parfois une brève conversation
suffit à calmer la situation, d'autres fois il est nécessaire
de soutenir plus activement l'équipe ou la famille ou
d'intensifier la prise en soins à la Consultation. Pour
d'autres cas, il faut organiser un traitement en Hôpital
de Jour, avec une présence qui varie beaucoup, d'une
moitié d'après-midi à cinq jours par semaine.
Parfois, il faut arriver à une hospitalisation classique.
L'équipe mobile est le premier relais et un interlocuteur
privilégié pour les médecins psychiatres
de notre Service qui vont par la suite évaluer personnellement
les patients avec le soutien d'un pré-diagnostic de crise
qui a le mérite d'éviter bien de malentendus aux
dépens des patients.
La
Consultation se caractérise par des suivis parfois espacés,
parfois plus intensifs, adressés aux patients dont l'état
permet le maintien dans leurs lieux de vie et de travailler
avec un soutien régulier. Elle fournit des prestations
différenciées, sur le plan thérapeutique,
social et de l'information.
L'Hôpital de Jour, tout en étant un dispositif
ambulatoire, accueille des patients qui nécessitent un
cadre plus contenant, avec comme on l'a dit, d'importantes variations
dans leur participation qui est, en général d'environ
trois jours par semaine.
Les
Unités Hospitalières, l'Hôpital de Jour
et la Consultation offrent une palette variée et, sans
fausse modestie, bien adaptée aux besoins des patients
selon le moment et les difficultés qu'ils sont en train
de vivre.
Abordons maintenant, de manière générale,
les difficultés principales rencontrées par nos
patients, et qui concernent spécifiquement la communication,
mais aussi le maintien des points de repère (dans le
temps, l'espace, de type social et affectif). La gestion des
stimuli, la socialisation, la gestion des affects, le bien-être
corporel et la sexualité.
Plus
en détail, les approches groupales dépendent des
besoins des patients, besoins qui nous guident pour les diriger
selon différentes situations vers les dispositifs de
soins que nous jugeons les plus adéquats.
Tout en tenant compte des difficultés des patients, les
soignants, dans la mesure du possible (et de l'impossible) s'évertuent
à prendre en compte les vux des patients, de manière
à arriver au compromis le plus utile et agréable
possible. Dans les situations peu ou pas verbales, ou avec des
patients aigus, le critère de besoin et/ou urgence devient
prépondérant et nous utiliseront un critère
d'indication "a posteriori".
De manière caractéristique à notre population,
nous pouvons avoir un "glissement" très large
entre différents dispositifs de soins et différents
groupes, et ceci au long d'une période plus ou moins
longue, selon la situation du patient.
Nous avons pu remarquer que, même avec une adaptation
des groupes aux exigences de notre population, il y a une minorité
de patients, déjà mentionnée, c'est-à-dire
les patients avec une très importante limitation verbale
et avec troubles du développement, qui ont beaucoup de
difficultés à trouver leur compte dans les groupes,
car ils ont besoin littéralement d'une personne à
leur côté.
Dans ce cas, pour permettre aux personnes concernées
de bénéficier d'une préparation aux situations
groupales dans leur vie de tous les jours, et de bénéficier
du soutien très rapproché dont elles ont besoin,
il ne nous reste que l'alternative de les faire participer,
et ceci souvent longtemps, à des activités thérapeutiques
"individuelles en groupe", même si ceci va à
l'encontre de la motivation économique dont nous avions
parlé au début. (Galli Carminati, en publication)
Pour donner une vision plus claire et pratique de nos activités
groupales, nous allons ici décrire chaque groupe selon
le dispositif de soins qui le contient dans notre Service.
A
la consultation ont lieu deux groupes de type plus classiquement
psychodynamique, de parole, une fois par semaine, "slow
open", dont l'un pour patients jusqu'à 30 ans, l'autre
pour patients plus âgés. La durée du post
groupe est de 45'.
Le
groupe "Médicaments", qui a commencé
en mai 2000, est constitué d'un module de cinq séances
et il est de type psycho-éducatif.
A cheval sur les unités hospitalières et l'Hôpital
de Jour, parallèlement au groupe "Médicaments"
de la consultation, a pu commencer un groupe sur le même
thème, d'une heure et demi, à la différence
de son homonyme, il s'agit d'un groupe ouvert, sans limite de
durée à moyen terme.
Un
autre exemple de groupe "en pendant" est celui du
groupe "Hommes-Femmes" qui est dédié
de manière spécifique à la connaissance
et à la gestion de la sexualité et qui a commencé
en Hôpital de Jour. Il y a maintenant depuis plus de deux
ans son homologue à la Consultation : le groupe "Affectivo-Sexuel";
nous avons senti le besoin d'une formule slow-open dans le cadre
de l'Hôpital de Jour et d'une forme de "thérapie
brève" sur un nombre de séances autour de
20 pour la consultation.
Nous avons fait l'hypothèse que la structure Hôpital
de Jour soit intrinsèquement plus cadrante que la Consultation
et que ceci permette donc un cadre groupal moins établi.
En considérant les groupes des unités hospitalières
il s'agit pour l'essentiel de groupes de type "pavillonnaire",
tous les lundis et vendredis, leur durée est de 30' avec
un post-groupe de 15'. Les règles du groupe sont annoncées
au début et peuvent être rappelées s'il
y a débordement. Ces groupes ont une fonction de contenant
des conflits propres à l'unité hospitalière
et permettent de "dégonfler" les situations
de crise ponctuelles.
En
considérant maintenant l'Hôpital de Jour, les groupes
qui y tiennent place ont une participation mixte, dans le sens
où y participent des patients des dispositifs de type
ambulatoire, des patients hospitalisés en voie de sortie
prochaine et, enfin, des patients qui devront encore bénéficier
d'une hospitalisation à moyen terme.
En règle générale, les thérapies
groupales et les thérapies individuelles ont le but commun
de permettre de maintenir les capacités des patients,
d'éviter les hospitalisations complètes ou tout
au moins d'en limiter la durée, et ceci dans l'optique
plus générale de maintenir les patients dans leurs
lieux de vie et/ou d'activité.
Parmi
les différents groupes en Hôpital de Jour, ceux
qui montrent un caractère plus convivial et léger,
plus tranquille, et qui sont en effet les plus difficiles pour
les soignants, peuvent accueillir des patients pour lesquels
notre intervention présente un caractère d'urgence.
En effet, ces groupes, comme nous venons de le dire, permettent
une observation au préalable, et en même temps
nous permettent de recevoir "au pied levé"
des patients qui, dans l'impossibilité d'être accueillis
de suite, seraient en danger de développer une crise
sévère et de devoir être hospitalisés
en hospitalisation complète. Ces groupes permettent donc
de "mettre à flot" les patients.
Les
groupes plus "techniques" sont orientés au
maintien et à l'amélioration des compétences
des patients. Les groupes couvrent en effet plus d'une exigence,
mais en général nous pouvons dire que chaque groupe
se réfère à un objectif principal, d'une
part, et à une sous-population déterminée,
sous-population choisie par rapport aux capacités verbales
et aux conditions cliniques. A ce propos, il faut préciser
que la détermination d'un sous-groupe n'est pas toujours
nécessaire et que parfois une palette plus large de patients
peut aider la mise en jeu de la dynamique groupale.
Sans
en faire la liste complète, nous allons citer en exemple
quelques groupes spécialement significatifs :
Le groupe "Accueil" ouvre la matinée et il
est utile pour donner des points de repère dans le temps
et l'espace; il est ouvert à pratiquement tous les patients.
Le groupe "Arbres" accueille surtout les patients
autistes, non verbaux, il travaille la gestion des stimuli et
la socialisation: les patients partent en balade pour toucher
un arbre, par la suite en font le dessin et le mime, les soignants
font de même.
Le groupe "Sonar" accueille lui aussi des patients
autistes, avec une thématique proche du groupe "Arbres"
dont il est la continuité, et on y travaille la gestion
des stimuli.
Le groupe "Sonar" a lieu dans l'eau avec de la musique
sous l'eau, des haut-parleur pour natation synchronisée
et de la musique dans l'air.
Le groupe "Logomotive" unit la psychomotricité
à la logopédie, accueille une population peu verbale,
avec retard moyen à sévère et travaille
la communication.
Ce groupe a sa continuation dans le groupe "Contes"
où les patients mettent en scène, avec les soignants,
une fable.
Ce groupe offre la possibilité d'utiliser les moyens
expressifs acquis et aussi de se mettre dans la peau d'un personnage
ou d'un autre et de vivre une réalité différente
de l'habituelle.
La communication et la socialisation ont une place prépondérante
dans plusieurs groupes: " Mobilisation et Découverte"
(à la découverte de la ville et de la campagne),
" Pâtisserie " (préparation de gâteaux
et salades qui sont offerts à tout le monde en Hôpital
de Jour) et " Vidéo " (où l'on visionne
et fait les commentaires d'une cassette vidéo), tous
ces groupes bénéficient à une large population
et ceci aide l'interaction.
Dans
notre pratique clinique nous nous sommes aperçus de l'importance
des repas dans la prise en soins. Les repas représentent
un moment fondamental pour l'hygiène, le plaisir et la
socialisation. Pour cette raison, pendant les repas à
but thérapeutique, les soignants mangent avec les patients
dans des petits groupes, dans différents lieux : dans
les locaux de l'Hôpital de Jour, à la Cafétéria
du domaine de Belle Idée, chez McDonald, dans des restaurants
en ville.
Les
groupes "Café et Biscuits", "Comment Faire?"
sont orientés à la gestion des affects et les
patients sont aidés à percevoir et à comprendre
les mouvements émotionnels pour arriver à les
gérer, en mimant éventuellement les situations
difficiles ou amusantes. Il s'agit de groupes adressés
à des patients plutôt évolués et
avec un niveau verbal plutôt élevé.
Les
groupes "Piscine, "Gym", "Oxygène"
sont dédiés au bien être physique et à
l'image du corps.$
L'un des groupes en Hôpital de Jour les plus récents
est le groupe "BDBD" qui touche à une problématique
spécifique, entre présence d'une disabilité
légère ou "de bord" et un trouble de
personnalité "borderline". Dans ce groupe,
les patients et les soignants sur demande et à tour de
rôle, frappent à coups de poings un sac de boxe,
tout en expliquant les raisons de leur colère, rage,
bouleversement, même joie intense; une partie du groupe
est dédiée à tirer une balle souple contre
une construction de boîtes en plastique, qui représente
ce qui gêne; la fin du groupe est dédiée
à se détendre avec un peu de musique.
En
général, les groupes verbaux et les groupes qui
ont besoin d'une matrice plus stable, sont "very slow open"
ou "fermés".
Quand on considère une population très difficile,
avec des capacités verbales absentes ou très réduites;
avec des problèmes de comportement (hétéro
ou auto agression) et avec des pathologies psychiatriques graves,
les groupes sont "fermés" mais sur une période
réduite (quatre mois par exemple), renouvelable. On ne
peut pas parler de thérapies brèves classiques,
au contraire il s'agit de thérapies "commando"
sur une période courte et établie. Ce qu'on veut
éviter est la sensation d'exclusion pour les patients
qui, malgré tout doivent renoncer à cette activité
thérapeutique à plus long terme, mais qui terminerons
en tous cas la période établie avec tout le monde.
D'autre part, ce cadre temporel aide les soignants qui sont
rassurés à l'idée de "devoir tenir
bon" sur un laps de temps "raisonnable". Avec
ce système de période renouvelable, on peut aussi
mettre en place un lent renouveau des patients.
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