Vol. 1, núm. 1 - Marzo 2002     Revista Internacional On-line / An International On-line Journal  
Introduction á la méthode du Social Dreaming Rapport sur les ateliers de Mauriburg. Raissa et Clarice Town.
Prof. Claudio Neri.
cav.darpino@melink.it
 
 

Resumen

El autor presenta los datos obtenidos en dos talleres realizados con la técnica de LAWRENCE del " Social dreaming ". En esas sesiones en lugar de concentrarse en el significado del sueño para el que sueña, se concentra la atención en su significado social. El social dreaming puede contribuir de manera considerable a comprender mejor ciertos modos de funcionamiento de un grupo, que de lo contrario quedan sin explorar en el contexto de la psicoterapia. El autor piensa que incluso en un medio grupoanalítico tradicional, el compartir el sueño de uno de sus miembros con la participación del resto antes de interpretarlo, puede contribuir considerablemente a la buena marcha de la terapia grupal.

Abstract

He authors present the results of two workshops he developed with the technique of "social dreaming" first developed by Lawrence. Social dreaming concentrates in the social meaningof dreams rather than in its personal significance. It helps to understand some group processes and could be of interest not just for teaching activities but also for clinical purposes.

Résumé

Le but principal de cet article est de fournir quelques informations sur le Social Dreaming. Il s'agit d'une technique de travail de groupe qui valorise l'apport que les rêves peuvent offrir à la compréhension non pas du " monde intérieur " des rêveurs, mais du contexte social et institutionnel où ils vivent. Gordon Lawrence (1998b), qui a découvert cette technique, affirme que les rêves contiennent des informations fondamentales sur la situation dans laquelle les personnes vivent au moment où ils rêvent. Le Social Dreaming ne veut pas mettre en question l'importance de l'approche de la psychanalyse classique aux rêves, mais il met en relief leur dimension sociale.

Le deuxième but est de rapporter des expériences réalisées avec la technique du Social Dreaming et d'en tirer des indications méthodologiques, théoriques et cliniques.

Le texte est divisé en brèves sections. Je fournirai tout d'abord des informations sur le cadre et sur l'origine de la technique. Je parlerai de la manière dont elle est utilisée pour explorer et améliorer le fonctionnement d'une institution ou d'une organisation. J'essaierai ensuite d'inscrire le Social Dreaming dans un contexte historique. La dernière partie du texte est consacrée, comme je l'ai dit plus haut, à la description de quelques expériences de travail.


Le cadre

Les séances de Social Dreaming durent en général une heure et demie. Chacune d'elles fait partie d'un cycle qui peut être bref ou long. Il vaut mieux éviter une séance unique où l'on " risque le tout pour le tout ", car un des aspects importants de cette méthode consiste dans le développement d'un processus. Ce développement concerne tant la capacité des participants de fonctionner en groupe que les rêves. Ceux-ci sont en effet liés les uns aux autres, car ils sont une réponse aux rêves racontés dans les séances précédentes (Armstrong, 1998).

Comme je l'ai dit, en général le plan de travail adopté est dense : de trois à cinq séances, regroupées en deux ou trois jours et entrecoupées d'une ou deux nuits. Durant ces nuits, de nouveaux rêves apparaissent, qui se réfèrent le plus souvent au groupe et à la situation que vivent les participants. D'autres plans de travail, moins denses que celui que j'ai indiqué, ont également été utilisés, tels que un schéma qui prévoit une séance par semaine pendant quatre ou six mois. Quant à la documentation relative à ces plans de travail, elle est encore assez limitée.

Les séances peuvent être conduites par un seul moniteur ou par une équipe restreinte. Cette décision dépend des préférences personnelles du conducteur. Un facteur qui est souvent pris en compte est le nombre de personnes qui forment le groupe. Avec les groupes particulièrement nombreux, on trouve le plus souvent une équipe de deux/trois conducteurs. Il est préférable, en tout cas, que le groupe ne dépasse pas trente ou trente-cinq participants.

Le conducteur et les participants sont assis, disséminés dans la pièce ou disposés suivant une ligne en spirale. L'espace entre les personnes reste vide. Le fait que les participants ne soient pas assis en cercle - comme c'est le cas habituellement dans les séances de psychothérapie de groupe - évite à chacun d'eux de se trouver en face de tous les autres. Cela empêche donc à chaque participant d'être regardé et de regarder les autres dans les yeux, ce qui assure également un plus grand respect de l'intimité de chacun et un certain degré d'anonymat.

Le travail durant les séances peut commencer d'une manière quelconque : soit directement par le récit d'un rêve, soit par l'intervention d'un participant, soit par une question directe au conducteur ou au groupe. Il peut y avoir, mais aussi bien ne pas y avoir, un bref discours introductif pour communiquer des informations fondamentales. Quoi qu'il en soit, les indications fournies au début de la première séance doivent être limitées et concises. On peut aussi faire parvenir auparavant un texte écrit aux participants, contenant des informations essentielles, pour qu'ils le lisent pendant la semaine qui précède le Social Dreaming. Une autre possibilité consiste à faire une conférence avant d'entreprendre le travail proprement dit.

Si le conducteur commence par une brève communication introductive, il expliquera que les participants sont invités à partager leur rêves, à faire des associations avec les rêves qui sont racontés et à explorer, le cas échéant, leur signification sociale. Gordon Lawrence (2001) commence chaque séance par une formule d'ouverture bien précise : " La tâche principale est d'associer le plus librement possible à ses propres rêves et à ceux des autres - quand ils émergent dans la matrice - afin de créer des liens et de trouver des liaisons. Qui a le premier rêve? ".

J'examinerai la notion de matrice par la suite ; je désire à présent attirer l'attention sur l'indication que les associations peuvent être fournies non seulement aux rêves de chacun, mais aussi à ceux des autres participants. Cette indication suggère implicitement que les rêves ne doivent pas être considérés comme une propriété privée du rêveur, mais plutôt comme quelque chose qui est partagé et mis en commun. Elle établit en outre un rapport étroit entre les rêves, les associations et les pensées (les liens et les liaisons) (Hahn, 1998).

Voici d'autres règles qui peuvent assurer un bon fonctionnement des séances : permettre à chaque participant de parler pendant dix minutes au maximum, éviter de répondre à des questions qui sont posées directement et prendre garde à ne pas s'engager dans une discussion avec une seule personne. Le but de ces indications est d'ouvrir une discussion qui donne la possibilité de parler à tous, au lieu de s'orienter vers un discours centré sur une personne ou limité à deux ou quelques personnes.

Le travail durant les séances

Je parlerai à présent du travail réalisé au cours des séances. En premier lieu, les rêves sont développés au moyen des associations libres et de l'" amplification " émotionnelle et thématique des contenus. En se référant au cadre psychanalytique traditionnel et au cadre de la psychothérapie de groupe, Gaburri (1992 et 2002) a mis en évidence que les associations libres sont stimulées non seulement par une ligne de pensées ou par ce que disent les autres membres du groupe, mais aussi par l'atmosphère émotionnelle qui est présente et, de manière plus générale, par ce qui est perçu comme étant présent dans la séance. Cette observation s'applique également au Social Dreaming.
Les images, les rêves et les fantasmes sont ensuite reliés les uns aux autres, grâce à l'apport de tous les participants. On met en lumière le fait que des rêves différents peuvent avoir des points communs ; on met en évidence la séquence des rêves qui ont été racontés.

Un effet de la façon d'aborder le travail est le fait qu'une atmosphère onirique se produit durant les séances. Autrement dit, au cours des séances de Social Dreaming les rêves sont rêvés une deuxième fois. Il arrive parfois qu'un participant pense, en écoutant le rêve que raconte un des présents, qu'il aurait pu le rêver lui-même. En suivant le récit des rêves, les présents se perdent et trouvent des possibilités d'identification inédites. Je raconterai, à ce propos, une expérience qui a eu lieu au cours d'un Social Dreaming auquel j'ai participé non comme conducteur, mais comme membre du groupe.

Une femme racontait un rêve centré sur le fait qu'elle était en train de préparer un sac pour partir en voyage, ou simplement pour sortir de chez elle. Elle mettait dans le sac différents objets - un rouge à lèvres, des bas - et les enlevait ensuite. Elle les remettait dans le sac, en variant quelques éléments. Elle vérifiait que le sac fût bien fermé, puis mettait sa main dedans pour prendre quelque chose. Le récit du rêve continuait avec de nouveaux détails. La participation de la rêveuse était de plus en plus grande. Par ces petites variations, le résultat final qu'elle semblait vouloir atteindre était la mise au point d'un sac idéal. Au fur et à mesure que je l'écoutais, mon impatience augmentait. Je pensais : " Encore !!!? Toujours avec ce sac !? ". Puis je me suis souvenu de l'indication " reconnaître qu'un rêve raconté par un autre participant pourrait avoir été rêvé par moi ". J'ai immédiatement ajusté ma perspective : " Il est évident qu'étant un homme, cette préparation si précise ne m'intéresse nullement. Mais si j'étais une femme ? ". J'ai fait un effort d'imagination : le fait de mettre et de sortir des objets du sac et de les ranger de la meilleure manière possible m'a alors paru très important, fascinant et très intéressant.

Un aspect du travail, qui caractérise fortement le Social Dreaming, est la recherche des éléments sociaux qui se dégagent des rêves. Il s'agit de comprendre si les rêves et les associations fournissent des éléments utiles pour appréhender des aspects de l'environnement social et/ou de l'organisation dont les participants font partie, et de mettre en relief les images et les autres éléments sociaux des rêves. Le travail concernant cet aspect, de même que les autres, s'effectue toujours par l'identification de modèles (patterns), et non par l'interprétation des contenus.

Le conducteur du groupe se charge de faire respecter les règles du cadre. Il laisse aux participants la tâche d'associer, de trouver des significations et d'identifier les allégories et les symboles. Il intervient pour faciliter le travail, mais ne propose pas d'interprétations relatives à la dynamique de groupe ou à la formation de sous-groupes. Ses interventions sont toujours basées sur ce qui est évident. Dans les premières séances notamment, leur but peut être d'expliquer aux participants le modèle du Social Dreaming, qui est assez abstrait et dont la compréhension n'est pas immédiate. En général, les interventions du conducteur renvoient aux rêves. Par exemple : " Peut-on contrôler ses rêves? " ou bien " Les rêves viennent-ils tout seuls ? ". Dans certains cas, l'intervention peut viser à établir une liaison entre un élément du rêve et l'ensemble du discours développé dans la séance ou dans la série de séances. Par exemple, si un participant rêve des petits morceaux d'étoffe, le conducteur peut suggérer que ce sont des apports qui s'ajoutent en formant un tout. Il s'agit en général d'" associations orientées ", car elles correspondent à des fantasmes et à des pensées qui lui viennent à l'esprit en tant qu'associations, mais qui visent en même temps à éclaircir un lien ou un aspect du fonctionnement du groupe. Le conducteur peut stimuler occasionnellement un participant à ajouter une association à un rêve qu'il a raconté. Parfois, il peut aussi demander d'une manière générale aux participants de fournir des associations au sujet d'une image ou d'un mot déterminés qui sont apparus dans un rêve.

Je voudrais préciser, pour conclure, que j'ai décrit un certain nombre d'opérations et de moments qui peuvent avoir lieu dans une séance de Social Dreaming, mais que chaque séance a un développement qui lui est propre et qui peut ne pas comprendre toutes ces opérations.

 
 
             
   
 
   

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