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Resumen
El autor presenta los datos obtenidos en dos talleres realizados
con la técnica de LAWRENCE del " Social dreaming
". En esas sesiones en lugar de concentrarse en el significado
del sueño para el que sueña, se concentra la atención
en su significado social. El social dreaming puede contribuir
de manera considerable a comprender mejor ciertos modos de funcionamiento
de un grupo, que de lo contrario quedan sin explorar en el contexto
de la psicoterapia. El autor piensa que incluso en un medio
grupoanalítico tradicional, el compartir el sueño
de uno de sus miembros con la participación del resto
antes de interpretarlo, puede contribuir considerablemente a
la buena marcha de la terapia grupal.
Abstract
He authors present the results of two workshops he developed
with the technique of "social dreaming" first developed
by Lawrence. Social dreaming concentrates in the social meaningof
dreams rather than in its personal significance. It helps to
understand some group processes and could be of interest not
just for teaching activities but also for clinical purposes.
Résumé
Le
but principal de cet article est de fournir quelques informations
sur le Social Dreaming. Il s'agit d'une technique de travail
de groupe qui valorise l'apport que les rêves peuvent
offrir à la compréhension non pas du " monde
intérieur " des rêveurs, mais du contexte
social et institutionnel où ils vivent. Gordon Lawrence
(1998b), qui a découvert cette technique, affirme que
les rêves contiennent des informations fondamentales sur
la situation dans laquelle les personnes vivent au moment où
ils rêvent. Le Social Dreaming ne veut pas mettre en question
l'importance de l'approche de la psychanalyse classique aux
rêves, mais il met en relief leur dimension sociale.
Le deuxième but est de rapporter des expériences
réalisées avec la technique du Social Dreaming
et d'en tirer des indications méthodologiques, théoriques
et cliniques.
Le texte est divisé en brèves sections. Je fournirai
tout d'abord des informations sur le cadre et sur l'origine
de la technique. Je parlerai de la manière dont elle
est utilisée pour explorer et améliorer le fonctionnement
d'une institution ou d'une organisation. J'essaierai ensuite
d'inscrire le Social Dreaming dans un contexte historique. La
dernière partie du texte est consacrée, comme
je l'ai dit plus haut, à la description de quelques expériences
de travail.
Le
cadre
Les
séances de Social Dreaming durent en général
une heure et demie. Chacune d'elles fait partie d'un cycle qui
peut être bref ou long. Il vaut mieux éviter une
séance unique où l'on " risque le tout pour
le tout ", car un des aspects importants de cette méthode
consiste dans le développement d'un processus. Ce développement
concerne tant la capacité des participants de fonctionner
en groupe que les rêves. Ceux-ci sont en effet liés
les uns aux autres, car ils sont une réponse aux rêves
racontés dans les séances précédentes
(Armstrong, 1998).
Comme
je l'ai dit, en général le plan de travail adopté
est dense : de trois à cinq séances, regroupées
en deux ou trois jours et entrecoupées d'une ou deux
nuits. Durant ces nuits, de nouveaux rêves apparaissent,
qui se réfèrent le plus souvent au groupe et à
la situation que vivent les participants. D'autres plans de
travail, moins denses que celui que j'ai indiqué, ont
également été utilisés, tels que
un schéma qui prévoit une séance par semaine
pendant quatre ou six mois. Quant à la documentation
relative à ces plans de travail, elle est encore assez
limitée.
Les
séances peuvent être conduites par un seul moniteur
ou par une équipe restreinte. Cette décision dépend
des préférences personnelles du conducteur. Un
facteur qui est souvent pris en compte est le nombre de personnes
qui forment le groupe. Avec les groupes particulièrement
nombreux, on trouve le plus souvent une équipe de deux/trois
conducteurs. Il est préférable, en tout cas, que
le groupe ne dépasse pas trente ou trente-cinq participants.
Le
conducteur et les participants sont assis, disséminés
dans la pièce ou disposés suivant une ligne en
spirale. L'espace entre les personnes reste vide. Le fait que
les participants ne soient pas assis en cercle - comme c'est
le cas habituellement dans les séances de psychothérapie
de groupe - évite à chacun d'eux de se trouver
en face de tous les autres. Cela empêche donc à
chaque participant d'être regardé et de regarder
les autres dans les yeux, ce qui assure également un
plus grand respect de l'intimité de chacun et un certain
degré d'anonymat.
Le
travail durant les séances peut commencer d'une manière
quelconque : soit directement par le récit d'un rêve,
soit par l'intervention d'un participant, soit par une question
directe au conducteur ou au groupe. Il peut y avoir, mais aussi
bien ne pas y avoir, un bref discours introductif pour communiquer
des informations fondamentales. Quoi qu'il en soit, les indications
fournies au début de la première séance
doivent être limitées et concises. On peut aussi
faire parvenir auparavant un texte écrit aux participants,
contenant des informations essentielles, pour qu'ils le lisent
pendant la semaine qui précède le Social Dreaming.
Une autre possibilité consiste à faire une conférence
avant d'entreprendre le travail proprement dit.
Si
le conducteur commence par une brève communication introductive,
il expliquera que les participants sont invités à
partager leur rêves, à faire des associations avec
les rêves qui sont racontés et à explorer,
le cas échéant, leur signification sociale. Gordon
Lawrence (2001) commence chaque séance par une formule
d'ouverture bien précise : " La tâche principale
est d'associer le plus librement possible à ses propres
rêves et à ceux des autres - quand ils émergent
dans la matrice - afin de créer des liens et de trouver
des liaisons. Qui a le premier rêve? ".
J'examinerai
la notion de matrice par la suite ; je désire à
présent attirer l'attention sur l'indication que les
associations peuvent être fournies non seulement aux rêves
de chacun, mais aussi à ceux des autres participants.
Cette indication suggère implicitement que les rêves
ne doivent pas être considérés comme une
propriété privée du rêveur, mais
plutôt comme quelque chose qui est partagé et mis
en commun. Elle établit en outre un rapport étroit
entre les rêves, les associations et les pensées
(les liens et les liaisons) (Hahn, 1998).
Voici
d'autres règles qui peuvent assurer un bon fonctionnement
des séances : permettre à chaque participant de
parler pendant dix minutes au maximum, éviter de répondre
à des questions qui sont posées directement et
prendre garde à ne pas s'engager dans une discussion
avec une seule personne. Le but de ces indications est d'ouvrir
une discussion qui donne la possibilité de parler à
tous, au lieu de s'orienter vers un discours centré sur
une personne ou limité à deux ou quelques personnes.
Le
travail durant les séances
Je
parlerai à présent du travail réalisé
au cours des séances. En premier lieu, les rêves
sont développés au moyen des associations libres
et de l'" amplification " émotionnelle et thématique
des contenus. En se référant au cadre psychanalytique
traditionnel et au cadre de la psychothérapie de groupe,
Gaburri (1992 et 2002) a mis en évidence que les associations
libres sont stimulées non seulement par une ligne de
pensées ou par ce que disent les autres membres du groupe,
mais aussi par l'atmosphère émotionnelle qui est
présente et, de manière plus générale,
par ce qui est perçu comme étant présent
dans la séance. Cette observation s'applique également
au Social Dreaming.
Les images, les rêves et les fantasmes sont ensuite reliés
les uns aux autres, grâce à l'apport de tous les
participants. On met en lumière le fait que des rêves
différents peuvent avoir des points communs ; on met
en évidence la séquence des rêves qui ont
été racontés.
Un
effet de la façon d'aborder le travail est le fait qu'une
atmosphère onirique se produit durant les séances.
Autrement dit, au cours des séances de Social Dreaming
les rêves sont rêvés une deuxième
fois. Il arrive parfois qu'un participant pense, en écoutant
le rêve que raconte un des présents, qu'il aurait
pu le rêver lui-même. En suivant le récit
des rêves, les présents se perdent et trouvent
des possibilités d'identification inédites. Je
raconterai, à ce propos, une expérience qui a
eu lieu au cours d'un Social Dreaming auquel j'ai participé
non comme conducteur, mais comme membre du groupe.
Une
femme racontait un rêve centré sur le fait qu'elle
était en train de préparer un sac pour partir
en voyage, ou simplement pour sortir de chez elle. Elle mettait
dans le sac différents objets - un rouge à lèvres,
des bas - et les enlevait ensuite. Elle les remettait dans le
sac, en variant quelques éléments. Elle vérifiait
que le sac fût bien fermé, puis mettait sa main
dedans pour prendre quelque chose. Le récit du rêve
continuait avec de nouveaux détails. La participation
de la rêveuse était de plus en plus grande. Par
ces petites variations, le résultat final qu'elle semblait
vouloir atteindre était la mise au point d'un sac idéal.
Au fur et à mesure que je l'écoutais, mon impatience
augmentait. Je pensais : " Encore !!!? Toujours avec ce
sac !? ". Puis je me suis souvenu de l'indication "
reconnaître qu'un rêve raconté par un autre
participant pourrait avoir été rêvé
par moi ". J'ai immédiatement ajusté ma perspective
: " Il est évident qu'étant un homme, cette
préparation si précise ne m'intéresse nullement.
Mais si j'étais une femme ? ". J'ai fait un effort
d'imagination : le fait de mettre et de sortir des objets du
sac et de les ranger de la meilleure manière possible
m'a alors paru très important, fascinant et très
intéressant.
Un
aspect du travail, qui caractérise fortement le Social
Dreaming, est la recherche des éléments sociaux
qui se dégagent des rêves. Il s'agit de comprendre
si les rêves et les associations fournissent des éléments
utiles pour appréhender des aspects de l'environnement
social et/ou de l'organisation dont les participants font partie,
et de mettre en relief les images et les autres éléments
sociaux des rêves. Le travail concernant cet aspect, de
même que les autres, s'effectue toujours par l'identification
de modèles (patterns), et non par l'interprétation
des contenus.
Le
conducteur du groupe se charge de faire respecter les règles
du cadre. Il laisse aux participants la tâche d'associer,
de trouver des significations et d'identifier les allégories
et les symboles. Il intervient pour faciliter le travail, mais
ne propose pas d'interprétations relatives à la
dynamique de groupe ou à la formation de sous-groupes.
Ses interventions sont toujours basées sur ce qui est
évident. Dans les premières séances notamment,
leur but peut être d'expliquer aux participants le modèle
du Social Dreaming, qui est assez abstrait et dont la compréhension
n'est pas immédiate. En général, les interventions
du conducteur renvoient aux rêves. Par exemple : "
Peut-on contrôler ses rêves? " ou bien "
Les rêves viennent-ils tout seuls ? ". Dans certains
cas, l'intervention peut viser à établir une liaison
entre un élément du rêve et l'ensemble du
discours développé dans la séance ou dans
la série de séances. Par exemple, si un participant
rêve des petits morceaux d'étoffe, le conducteur
peut suggérer que ce sont des apports qui s'ajoutent
en formant un tout. Il s'agit en général d'"
associations orientées ", car elles correspondent
à des fantasmes et à des pensées qui lui
viennent à l'esprit en tant qu'associations, mais qui
visent en même temps à éclaircir un lien
ou un aspect du fonctionnement du groupe. Le conducteur peut
stimuler occasionnellement un participant à ajouter une
association à un rêve qu'il a raconté. Parfois,
il peut aussi demander d'une manière générale
aux participants de fournir des associations au sujet d'une
image ou d'un mot déterminés qui sont apparus
dans un rêve.
Je
voudrais préciser, pour conclure, que j'ai décrit
un certain nombre d'opérations et de moments qui peuvent
avoir lieu dans une séance de Social Dreaming, mais que
chaque séance a un développement qui lui est propre
et qui peut ne pas comprendre toutes ces opérations.
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